Pourquoi le refuge refuse de prendre mon animal ?

Plupart des gensNous sommes en période de vacances et, comme tous les ans, les enfoirés larguent leurs animaux pour pouvoir aller se vautrer tranquillement dans le sable.

Certains les balancent au bord de l'autoroute, d'autres les descendent sur le trottoir avec les poubelles, d'autres encore les jettent par dessus la grille d'un refuge, dans le jardin d'un bénévole, sur un point de nourrissage de chats libres, bref...

Certains, voulant se donner bonne conscience, les apportent dans un refuge ou une association et estiment qu'ils agissent alors proprement, voire même courageusement.
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet abordé maintes fois mais, quelle que soit la manière dont vous vous débarrassez de votre animal, pour lui c'est un abandon et un traumatisme, point-barre. Il n'y a pas de manière "respectable" d'abandonner et quasiment jamais de motif légitime, l'abandon est, dans 99% des cas le résultat de l'égoïsme, de l'irresponsabilité, de l'imprévoyance humaines.

J'en viens au titre de cet article : "Pourquoi le refuge refuse de prendre mon animal ?"
Oui, pourquoi après tout ? N'est-ce pas sa fonction ? Son job ? Un genre de service public qu'il est censé rendre et pour lequel il touche de grasses subventions ? Ses employés ne sont-ils pas censés aimer les animaux ? De quel droit un refuge refuserait-il de prendre votre chien ou votre chat ? De quel droit vous demanderait-il en plus de payer pour l'abandonner ?

Laissez-moi vous éclairer.

Parmi les structures qui récupèrent les animaux errants ou dont on ne veut plus, il y a :

  • Les refuges dépendant des grandes associations et fondations.
    Ces refuges dépendant de la SPA de Paris, de la Fondation 30 Millions d'Amis, de la Fondation Assistance aux Animaux, etc... sont a priori financés par lesdites associations. Attention, tous les refuges dont le nom comporte "SPA" ne dépendent pas de la SPA de Paris, ceux de la Confédération Nationale des SPA de France par exemple, sont indépendants (donc pauvres !).
     
  • Les petits refuges et petites associations indépendants.
    Ce sont les plus nombreux (http://www.lejpa.com/structures-association), ils couvrent tout le territoire français. Ils ne vivent que de dons, de legs, des cotisations de leurs adhérents, reçoivent parfois de petites subventions municipales, peuvent être aidés ponctuellement par les grandes associations qui leur fourniront du matériel, de la nourriture, des bons de stérilisation ou prendront en charge les soins d'un ou plusieurs animaux.
     
  • Les fourrières publiques ou privées (parfois couplées avec un refuge).
    Les fourrières sont rémunérées par les communes, chaque commune étant dans l'obligation d'en avoir une ou de passer un contrat avec une fourrière privée. Attention, une fourrière ne fait pas de protection animale, elle fait de la gestion d'animaux indésirables. On n'adopte pas en fourrière, on élimine.

 

Sachant que le nombre d'animaux laissés pour compte sera de toute manière très largement supérieur au nombre de places disponibles dans les refuges, associations et fourrières, ces structures devront choisir de limiter le nombre de leurs prises en charge ou d'exécuter les animaux en excédent (lire cet article : "Les refuges qui euthanasient").

Un refuge qui refuse de prendre en charge votre animal est donc probablement déjà plein à ras bord ou considère que votre animal étant quasiment inadoptable il risque de rester à sa charge définitivement (chien catégorisé, animal à pathologie lourde, très âgé, handicapé, ayant des problèmes comportementaux, noir...).

Concernant les frais d'abandon qui tournent généralement autour d'une centaine d'euros, soyons tout a fait clairs : si vous avez entretenu votre animal correctement, vous savez ce que ça coûte et, si vous l'avez sciemment négligé, c'est également parce que vous savez très bien ce que ça coûte, vous comprenez donc bien qu'avec 100 euros, on ne va pas loin.
Donc, n'y revenons pas, l'entretien d'un animal coûte cher, la structure qui va prendre en charge le vôtre va peut-être devoir l'idenditifier, le faire stériliser, vacciner, tester, elle devra dans tous les cas le vermifuger, le soigner parfois, le nourrir de toute manière, lui fournir un minimum de confort, et ceci pendant des mois, des années, parfois durant toute sa vie.
Je ne parle même pas du travail des bénévoles et des employés ou des frais de fonctionnement et je vous rappelle qu'un refuge a souvent des dizaines d'animaux à sa charge.

Financièrement, l'immense majorité des refuges et associations est en permanence au bord du gouffre, il suffit parfois de l'arrivée d'une seule portée malade pour faire basculer toute la structure dans le drame.
Les refuges et associations ne reçoivent, globalement, aucun argent public, personne ne les paie pour leur action, aucun organisme ne les finance. Il est tout a fait évident que la somme demandée pour la prise en charge de l'animal que vous abandonnez ne couvrira JAMAIS les frais que le refuge va engager pour lui. Inutile de prétendre que le refuge se rattrapera sur les frais d'adoption, d'une part parce que votre animal ne sera peut-être jamais adopté, d'autre part parce que les frais d'abandon ne couvrent déjà même pas la prise en charge.
En fait, non seulement le refuge ne gagnera pas le moindre centime lors de l'adoption mais, si par miracle il parvient à faire adopter rapidement un animal arrivé déjà identifié, stérilisé, vacciné et en bonne santé, il aura simplement réussi à ne pas perdre d'argent.

Conclusion : quand un refuge ou une association refuse de prendre en charge votre animal et a fortiori gratuitement, c'est parce qu'il n'a ni la place ni les moyens d'assumer un animal supplémentaire sans faire prendre de risques à tous ceux qui sont déjà sous sa responsabilité.
Vous n'êtes pas capable de trouver de solution pour gérer matériellement votre seul et unique animal mais le refuge devrait en trouver plus facilement pour en gérer 200 ?

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Commentaires (1)

Nicolas
  • 1. Nicolas | 19/07/2017
J aime ce ton moralisateur... Bref un vrai défenseur de la cause animale qui degoute les bénévoles modérés

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