Les refuges qui euthanasient

 

Hpim0974
Soudan, lors de son arrivée chez nous, merveilleusement gentil mais adulte, noir, blessé et tout pourri.


Les refuges et associations qui euthanasient ? JE SUIS CONTRE !
C'est probablement ce que chaque protecteur animalier à envie de hurler.

Bien sur, évidemment, comment peut-on prétendre aimer et respecter les animaux et accepter qu'on les exécute pour des motifs futiles ? Parce qu'ils sont vieux, moches, désagréables, trop sauvages pour être adoptés, souffrent de pathologies pas mortelles mais très onéreuses, ... Comment peut-on tuer ceux que, justement, on s'était promis de défendre encore plus que les autres : les laissés-pour-compte, ceux dont personne d'autre ne se préoccupera ?

Comment peut-on euthanasier pour faire de la place ?

Facile de s'époumoner en criant au scandale, de s'offusquer devant cette zone d'ombre de la protection animale.

Sauf que...
Si tout n'était pas aussi simple ?

Les animaux en détresse sont trop nombreux, il n'y a ni l'argent ni la place pour les sauver tous, c'est un fait.

Partant de ce postulat, quel choix peut faire une association qui croule littéralement sous les demandes d'aides, les abandons, les appels au secours et donc le nombre croissant de pensionnaires ?

  1. Elle accepte tous ceux qu'on lui apporte sans se poser de questions jusqu'à ce que son compte  bancaire soit dans le rouge permanent, que ses dirigeants et bénévoles aient eux-mêmes investi tout ce  qu'ils possèdent et que les animaux finissent par être détenus dans des conditions indignes.

    A ce stade, soit elle s'arrête brutalement, sommée de régler ses dettes et de se débarrasser des animaux en surnombre, soit elle part en roue libre, multipliant les comptes ouverts chez de multiples vétérinaires, arnaquant ses familles d'acceuil, plaçant ses animaux n'importe comment et le plus vite possible, ne contrôlant plus rien, aveuglée par un seul but : continuer coûte que coûte.
     

  2. Elle fait un tri et choisi les animaux qu'elle décide de sauver pour ne prendre en charge que ceux qu'elle se sait capable de faire adopter facilement : chatons ou animaux très jeunes, à poils longs, de petite taille, pots-de-colle, faciles, typés, en parfaite santé, etc... Elle oublie tous les incasables qui plomberaient son fonctionnement, elle en prend éventuellement quelques uns qui seront donc intégralement à sa charge mais son cheptel n'est composé que d'animaux "vendables".

     

  3. Elle accepte tous les animauxqui se présentent mais son seul moyen de limiter leur nombre et de maintenir de bonnes conditions de vie est d'exécuter les incasables (ou les incasés en tout cas). Comment libérer une place sans décès naturel et sans adoption ? En euthanasiant.

     

  4. Elle prend tous les animaux qui en ont besoin sans faire de choix dans les limites de nombre et de  budget qu'elle s'est fixées. Au-delà, elle stoppe donc toute prise en charge qu'elle ne pourrait pas assumer dans de bonnes conditions. Cela impliquera forcément qu'elle ne peut faire entrer un nouvel animal qu'après un décès ou une adoption et que, quand elle aura finalement plus d'incasables que d'adoptables (ce qui  arrivera obligatoirement) elle ne pourra plus que gérer son cheptel en faisant appel à la générosité de ses donateurs.

Le premier exemple est, à mes yeux, le pire car non seulement les associations qui fonctionnent ainsi finissent par entrainer dans leur chute les animaux qu'elles étaient censées protéger et tous leurs bénévoles mais elles donnent en plus une image catastrophique de la protection animale et en éloignent toutes les bonnes volontés.

Les assos décrites dans le second exemple ne font, à mon sens, pas de protection animale, elle font un petit commerce qui, à défaut d'être réellement lucratif, donne bonne conscience à peu de frais.
Avoir vu, sur certains sauvetages, des associations "faire leur marché" en choisissant de récupérer uniquement de jolis et jeunes chats sans le moindre regard pour les vieux-noirs-bancals, m'a soulevé le coeur.

Les assos du troisième exemple, qui euthanasient font un job de fourrière finalement, mais nous savons tous que la mort n'est pas ce qui peut arriver de pire à un animal même si tuer un animal en bonne santé reste un crime à mes yeux.

Idéalement, nous souhaitons probablement tous fonctionner comme l'association du quatrième exemple, mais...

Eh oui, il y a un "mais", un "mais" de taille : "mais" que deviennent les animaux que l'association n°4 ne peut pas prendre en charge ? C'est tout simple : ils finissent dans les 3 autres types d'associations, ou en fourrière donc...

Je sais que vous allez me rajouter une tonne d'autres "mais", m'opposer toutes sortes d'arguments et tenter, comme de l'ai fait, de résoudre le problème de la quadrature du cercle, il n'y a pourtant qu'une seule certitude : il n'y a pas de place pour tous et un grand nombre de ces animaux sans foyer vont mourir à petit feu, quels que soient les détours que nous leur ferons prendre pour en arriver là.

Seules notre sensibilité personnelle, notre éthique, nos valeurs, nous feront choisir de travailler d'une manière ou d'une autre mais le seul moyen d'endiguer vraiment et pour de bon la misère animale est de faire changer le regard de l'humain sur les autres espèces.

Tant que nous n'aurons pas responsabilisé en amont, nous nous noierons en aval et chacun aura beau faire de son mieux, ce sera toujours terriblement insuffisant et totalement injuste.

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