Mon chat est diabétique

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Monsieur Cool est diabétique depuis près de 3 ans.

 

Le but de cet article n'est pas de vous parler du diabète félin, mes compétences en médecine vétérinaire seraient parfaitement insuffisantes, non, le but de cet article est de vous raconter mon quotidien avec un chat diabétique.

 

A savoir :

 

  • Il est insulino-dépendant, sous Caninsulin.
  • Il reçoit deux injections par jour de 6 unités chacune.
  • On lui fait, à peu près tous les 6 mois, un test fructosamine (prise de sang) chez le vétérinaire car il est stabilisé et qu'il n'y a donc pas besoin de plus de contrôle.
  • Il est impossible de tester régulièrement sa glycémie avec un glucomètre, car Monsieur Cool, excepté pour ses injections, refuse catégoriquement de coopérer.

 

 

Combien ça coûte ?

 

Ce qui est nécessaire pour Monsieur Cool :

  • un flacon de Caninsulin de 400 doses : 33 euros pour 33 jours
  • une boite de 100 seringues à insuline : 34 euros pour 50 jours
  • un collecteur pour les seringues usagées (car il ne faut pas les jeter avec les déchets ménagers) : 5 euros pour 2 mois environ
  • des croquettes RC Diabetic : 10 euros le kilo (environ 60g par jour)
  • 1 ou 2 prises de sang par an : 55 euros chaque


On peut parfaitement utiliser des seringues à insuline pour humains qui coûtent 3 fois mois cher.

Donc, pour Cool, le budget mensuel est de :
- 1 flacon de Caninsulin : 33 euros (il est prudent d'avoir toujours un flacon supplémentaire, en cas de perte ou de casse du premier)
- 30 seringues : 3,50  euros (si matériel humain et si on utilise deux fois chaque seringue)
- 1/2 collecteur de seringues usagées : 2,50 euros
-1,8 kg de croquettes : 18 euros
- tests fructosamine (55 euros x 2 tests par an/12 mois) : 10 euros

Soit environ 67 euros mensuels.

Alors, ce n'est pas la ruine, je vous l'accorde, mais ça c'est parce que la glycémie de Monsieur Cool est stabilisée, pendant les premiers mois, les contrôles ont été beaucoup plus fréquents, il fallait ajuster le traitement et, comme c'est un chat peu coopératif, il fallait lui faire systématiquement une anesthésie gazeuse avant tout examen ou toute prise de sang.

 

Faire les piqures, c'est difficile ?

 

Non, définitivement non. Au début, ça fait très peur je ne vous le cache pas. J'avais déjà fait des injections sous-cutanées à des chats mais j'en gardais un souvenir inquétant de la peur de faire mal, de devoir forcer pour faire entrer l'aiguille dans la peau, je me disais qu'à raison de 730 injections par an, le dos de Monsieur Cool finirait criblé de trous.

Stop ! On oublie tout ça. Les seringues à insuline sont petites et pas du tout effrayantes, quant aux aiguilles, elles sont ultra-fines et passent la peau quasiment sans qu'on s'en rende compte.
On oublie aussi les angoisses à base de "bulles d'air" qui pourraient provoquer une embolie pulmonaire, ça ne peut arriver qu'avec une intra-veineuse or l'injection d'insuline se fait en sous-cutanée et donc, si dans le pire des cas on se loupe et on pique dans le muscle, ce n'est pas agréable mais ça ne tue pas.

Afin de ne pas risquer de piquer toujours au même endroit, nous avons défini quatre zones d'injection dans le dos de monsieur Cool :

  • 1 - épaule gauche
  • 2 - épaule droite
  • 3 - côté gauche
  • 4 - côté droit

 

Sur le calendrier, nous notons, pour chaque date, 1 / 2 en alternance avec 3 / 4 (le premier chiffre correspond à l'injection du matin, le second à l'injection du soir). Ainsi, quand je lis 3 / 4 sur le 20 avril 2016, je sais immédiatement que ce matin, l'injection doit être faite dans le côté gauche. Je n'ai pas besoin de me souvenir, pas besoin de communiquer l'info si je ne suis pas la seule à faire les injections, un coup d'oeil au calendrier suffit à chaque humain de la maison pour savoir où piquer.

 

Comment convaincre le chat de venir recevoir son injection ?

 

Ca à été assez simple avec Monsieur Cool bien qu'il soit peu ou pas coopératif habituellement pour tout ce qui est soins.

Partant du principe que les chats adorent les rituels, les petites habitudes, nous avons mis en place une routine simple :

  • à 8 h et à 20 h mon téléphone est programmé pour émettre une sonnerie différente de la sonnerie des appels.
  • on sert à Monsieur Cool une petite collation à base de patée, de thon, de n'importe quel aliment qu'il apprécie.
  • pendant qu'il mange, on lui fait rapidement (et sournoisement !) son injection.

 

Monsieur Cool vient la plupart du temps de lui-même dès qu'il entend "sa" sonnerie qu'il a associée à sa petite collation.

 

La trousse de voyage du diabétique

 

Comme Monsieur Cool ne veut pas d'autre infirmiers que ses humains, nous sommes contraints de l'emmener en vacances avec nous. Il voyage donc avec le paquetage classique du chat en vacances : nourriture, litière, bac à litière, carnet de santé, gamelles.

A ce pack de base, il faut ajouter :

  • une ordonnance pour son insuline, au cas où il faudrait racheter un flacon sur place,
  • un pot de miel afin de pouvoir lui en mettre sur les gencives en cas d'hypoglycémie,
  • des anti-stress (voir ici : Tranquilliser un chat) car rares sont les chats qui aiment voyager et que l'adrénaline ne fait pas bon ménage avec l'équilibre de la glycémie,
  • une trousse réfrigérée pour l'insuline, surtout si on voyage par temps chaud,
  • une gamelle de nourriture à disposition du chat qui doit pouvoir s'alimenter librement.

 

 

Gérer le traitement, c'est contraignant ?

 

Bon, là, on ne va pas se mentir, oui c'est trèèèès contraignant. On doit faire 2 injections par jour, à 12h d'intervalle avec 30 minutes de décalage possible, 365 jours par an, week-end, vacances, jours fériés et lendemains de fêtes compris.

Un chat, ce n'est pas un chien, on ne peut pas l'emmener partout avec son insuline. Comme Monsieur Cool, de surcroit, refuse que quelqu'un d'autre que nous lui fasse ses injections, ça implique que moi ou mon époux soyons à la maison à 8h et à 20h tous les jours.

Terminées les invitations d'amis à déjeuners qui s'éternisent sur la soirée s'ils n'habitent pas juste à côté, terminés les petits week-end en amoureux dans des auberges, terminées les visites à la famille ou aux amis de province et, dans notre cas, terminées les vacances insouciantes et sans horaires. En bonus : deux fois par an il faut anticiper le changement d'heure en décalant progressivement pendant une semaine les horaires d'injection.

Alors attention hein, tout ça en vaut la peine, la vie de Monsieur Cool est à ce prix et c'est un bien petit prix pour le garder près de nous encore de nombreuses années. Sans ce traitement, Monsieur Cool serait mort depuis 3 ans, cela ne fait pas le moindre doute, alors qu'il vit tout à fait normalement, égal à lui-même, ayant même repris allègrement les 2kgs qu'il avait perdus avant le diagnostic.

C'est une contrainte certes, mais ceux d'entre vous qui ont eu des enfants pourront le confirmer : il y a bien pire dans la vie comme contraintes.

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